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Métiers de l’événementiel : l’IA, la polyvalence et l’attractivité redessinent l’emploi

Publié le 2 septembre 2026 par Florian Izquierdo

Du rebond à la transformation structurelle

Le retour du présentiel est aujourd’hui confirmé, mais il ne signifie pas un retour aux pratiques d’avant-crise. Participer à un événement devient un choix plus raisonné : visiteurs, exposants et clients attendent des formats plus courts, plus ciblés, plus interactifs et porteurs d’une valeur clairement identifiable.

Les entreprises doivent ainsi répondre à plusieurs attentes simultanées : personnaliser les parcours, améliorer la qualité des rencontres, démontrer le retour sur investissement, intégrer les outils numériques et poursuivre leurs engagements environnementaux et sociétaux.

L’étude identifie trois tendances particulièrement structurantes : - 45 % des professionnels citent l’intelligence artificielle parmi les évolutions qui transformeront le plus leur activité ; - 45 % citent également l’évolution des attentes des clients ; - 38 % considèrent la transition écologique comme une tendance majeure.

Cette transformation concerne toute la chaîne de valeur. Les activités évoluent vers davantage de coordination, de pilotage, d’adaptation et d’évaluation de la valeur créée.

L’intelligence artificielle s’installe dans les pratiques

Le numérique est déjà largement présent dans les entreprises : outils collaboratifs, solutions de gestion de la relation client, reporting, planification ou billetterie structurent désormais le quotidien des équipes. L’intelligence artificielle franchit une nouvelle étape. 53 % des structures interrogées prévoient d’adopter des solutions mobilisant l’IA, ce qui en fait la principale orientation technologique anticipée par le secteur. Parmi les professionnels qui l’utilisent déjà, les usages concernent notamment : - la création de contenus ; - la traduction et le sous-titrage ; - l’analyse de données et le reporting ; - l’automatisation de certaines tâches ; - la personnalisation de l’expérience client. L’étude souligne toutefois que cette appropriation reste progressive. La diversité des outils, la qualité des données, leur interopérabilité et le manque de recul sur les solutions les plus pertinentes constituent encore des freins. L’enjeu n’est donc pas d’adopter l’IA pour elle-même, mais d’identifier les usages réellement utiles, de former les équipes et de conserver une approche responsable, sécurisée et adaptée à chaque métier.

Des métiers plus transversaux et des profils plus polyvalents

Les transformations numériques, les contraintes budgétaires et les nouvelles exigences des clients recomposent les métiers existants. Les entreprises recherchent de plus en plus des profils capables de conjuguer plusieurs dimensions d’un même projet : technique, organisation, relation client, coordination et compréhension des enjeux économiques.

32 % des professionnels interrogés considèrent la polyvalence comme l’une des compétences principales de leur métier. Les compétences relationnelles arrivent également en tête des besoins à développer, devant la maîtrise quotidienne de l’IA générative.

Les priorités identifiées combinent ainsi : - les savoir-être : adaptabilité, communication et capacité à travailler avec des publics variés ; - la gestion de projet et la coordination ; - la compréhension des attentes et des enjeux business des clients ; - la maîtrise des outils numériques, de l’IA, de la data, des CRM et des outils collaboratifs ; - la capacité à scénariser et à concevoir des expériences ; - les compétences liées à la transition environnementale et à la RSE.

Certains métiers se développent, notamment dans la gestion de projet, le webmarketing, la technique et la logistique. D’autres émergent autour de la data, de la RSE et de la logistique durable. Plus généralement, l’étude montre que tous les métiers sont amenés à évoluer plutôt qu’à disparaître.

Recruter et fidéliser restent des défis majeurs

Le dynamisme de l’emploi ne suffit pas à résoudre les tensions du marché du travail. 54 % des responsables RH interrogés déclarent rencontrer des difficultés de recrutement, particulièrement pour les fonctions techniques, logistiques et commerciales. Ces tensions s’expliquent par plusieurs facteurs : la méconnaissance de nombreux métiers, la concurrence d’autres secteurs, mais aussi des conditions de travail parfois exigeantes, marquées par les horaires atypiques, les pics d’activité, les déplacements et une forte intensité opérationnelle. La fidélisation constitue également un enjeu. Les salariés apprécient en premier lieu la diversité des projets, citée par 55 % des répondants, puis les relations au sein des équipes, les échanges avec les clients et partenaires et la possibilité d’exprimer leur créativité. À l’inverse, le stress, la rémunération, le rythme de travail, l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et le manque de perspectives d’évolution peuvent fragiliser leur engagement. Ces constats invitent les entreprises à mieux valoriser le contenu et l’utilité des métiers, mais aussi à structurer les parcours, à rendre les perspectives plus lisibles et à faire évoluer les pratiques managériales.

Faire de la formation un réflexe continu

Face à des transformations rapides, la transmission des compétences ne peut plus reposer uniquement sur l’expérience informelle. L’apprentissage en situation de travail et l’accompagnement par des professionnels expérimentés demeurent essentiels, particulièrement dans les petites structures, mais ils doivent être complétés par des parcours plus lisibles et mieux structurés.

L’offre de formation est globalement jugée adaptée. Des besoins restent néanmoins insuffisamment couverts, notamment sur l’utilisation de l’IA au quotidien, son intégration dans l’expérience client et certains aspects du management de projet.

L’étude recommande notamment de : - mieux faire connaître les dispositifs proposés par la branche et l’OPCO Atlas ; - créer une communauté d’ambassadeurs de l’IA afin de partager les usages et les retours d’expérience ; - développer un guide de bonnes pratiques de l’IA par famille de métiers ; - proposer des repères opérationnels pour aider les entreprises à structurer leurs démarches RSE.

Des ressources pour passer à l’action

Cette étude ne se limite pas à dresser un constat. Elle met à disposition des entreprises, des salariés et des professionnels des ressources concrètes : une synthèse des principaux enseignements, le rapport complet et un guide destiné aux entreprises et aux salariés.

Dirigeants, responsables RH, managers, salariés ou futurs professionnels peuvent s’en saisir pour : - anticiper les compétences dont leur organisation aura besoin ; - identifier les métiers en croissance ou en recomposition ; - faire évoluer les politiques de recrutement et de fidélisation ; - construire des priorités de formation ; - accompagner l’intégration de l’IA et des nouveaux outils ; - mieux faire connaître la richesse et les perspectives de nos métiers.