Publié le 15/05/2019

C’est à Bordeaux qu’a été accueilli le dernier SYT 2019. A cette occasion, celui qui était encore Directeur général de CEB – il a été remplacé depuis par Stéphane KINTZIG revenait sur les attraits de la ville de Bordeaux et sur l’ampleur de l’activité des rencontres professionnels et événements d’affaires sur cette région.

Quelle a été votre carrière dans la filière événementielle ?

J’ai fait quasiment toute ma carrière au sein de CEB. Jeune commercial en 1982, je commercialisais les manifestations grand-public et professionnelles de notre portefeuille.En 1988, j’ai mis en place le système d’information de l’entreprise avant de devenir directeur du développement en 1991. Un deuxième hall a été livré à l’époque et nous permettait d’élargir notre offre, notamment sur le marché de l’accueil de manifestations non produites par CEB. J’ai pris également l’intégralité de la direction commerciale à partir de 1998. Et j’ai finalement pris la direction générale de CEB à partir de janvier 2014.

A 62 ans, j’ai eu une carrière passionnante au sein de cette structure qui m’a accompagné, qui s’est beaucoup modernisée et qui a aujourd’hui une belle envergure. En quelques mots, CEB c’est aujourd’hui 110 collaborateurs répartis entre la production et l’accueil d’événements, avec plus de 300 manifestations  tels que des nombreux congrès et conventions mais aussi le jumping en février, la foire internationale en juin, ou encore le nouveau salon Cocoon à l’automne ; et ce pour un chiffre d’affaires de plus de 34 millions d’euros en 2018.

Je ne me suis jamais lassé puisque j’ai embrassé des fonctions différentes tout au long de mon parcours et j’ai grandi avec l’entreprise. L’activité d’accueil de manifestations sous la marque Bordeaux events était balbutiante, je l’ai vu grandir avec l’acquisition du Hangar 14 sur les quais, du Centre de congrès Cité mondiale en plein centre-ville, et la construction du nouveau Hall 2, dénommé « Palais 2 l’Atlantique » que nous venons tout juste d’inaugurer. Nous avons ainsi les pieds dans deux activités complémentaires, et sommes ainsi devenu un important acteur du tourisme d’affaires

Pour moi, tout l’intérêt de la meeting industry, réside dans l’éclectisme des rencontres, couplé à l’adrénaline de l’événement : imaginé et préparé de longue date, il est vécu intensément pendant toute sa durée et on meurt quasiment avec lui à la fin de l’édition ! Je ne me suis jamais habitué au démontage ravageur et ultra rapide dès le dernier soir de la manifestation.

Votre destination, Bordeaux, a été choisie par Unimev pour accueillir See You There cette année, comment envisagez-vous la tenue de ce congrès chez vous ?

C’est la première fois que le congrès est accueilli à Bordeaux. Bien sûr, nous avons tous à cœur que cette édition soit une réussite ! Je suis ravi de recevoir le grand rendez-vous annuel de la filière.

Bordeaux est devenue ces dernières années une destination prisée : la mise en place de la ligne à grande vitesse bien sûr qui met Paris à 2h de TGV de Bordeaux, mais également tous les réaménagements du centre-ville ont fait beaucoup pour son attractivité. La ville a aujourd’hui de nombreux atouts et a complètement renouvelé l’art de vivre bordelais : la mise en lumière des façades, la rénovation en promenade des quais désormais accessibles, le développement du tramway et des zones piétonnes, mais surtout la rénovation des bâtiments dans le respect du style architectural, ont permis que Bordeaux soit classée au patrimoine mondial de l’Unesco en 2007. L’arrière-pays, avec ses vignobles, les châteaux du Médoc, ou encore le bassin d’Arcachon, sont également une fierté pour l’enfant du pays que je suis !

Par ailleurs, la ville est très bien dotée en lieux événementiels et offre un environnement exceptionnel pour les organisations d’événements : 1200 chambres d’hôtel sont accessibles à pied du parc des expositions et du palais des congrès désormais clair et ouvert sur l’extérieur. Tous nos sites sont desservis par le tramway, les visiteurs ont ainsi rapidement accès au centre-ville. Sur les quais, le Hangar 14 a été réhabilité en lieu événementiel. Tous ces sites sont ainsi complémentaires pour garantir l’accueil d’une diversité d’événements.

Quelle est votre vision de la filière événementielle pour demain ?

J’ai toujours été très optimiste pour la filière. Elle n’a cessé d’évoluer. Je me rappelle de ma première foire qui était à la fois grand public et professionnelle. Dans les années 90, en perdant peu à peu leur volet « salon pro », les foires se sont réinventées, et elles sont toujours en constante évolution. Elles ont encore une image un peu surannée, mais leur succès ne s’est jamais démenti sûrement parce qu’elles ont justement la capacité à se réinventer et à épouser les tendances sociétales de consommation. On s’emploie à les promouvoir. Les premières foires modernes, créées au début du XXe siècle, sont pour moi à la genèse de la « meeting industry » d’aujourd’hui ! Les sites gérés par CEB accueillent près d’un million de visiteurs par an ; imaginez les retombées économiques générées pour le territoire par cette activité!

J’ai connu plusieurs révolutions dans ma vie professionnelle ; on nous promettait la fin du papier avec l’arrivée de l’informatique, la fin du courrier avec le mail, et avec Internet la fin des salons. Il n’en est rien. Ces nouvelles technologies ont certes bouleversé nos façons de travailler. Cependant les gens ont toujours besoin de se voir, de se parler, d’échanger, de se voir conseiller, bref de se rencontrer. Ces nouveaux outils numériques viennent en complémentarité.

Participer à un événement, c’est donc une visite motivée par la rencontre et la découverte de nouveautés. Pour toutes ces raisons, je reste intimement convaincu qu’il nous reste encore de beaux jours à vivre dans notre domaine d’activité.