Publié le 30/07/2014

Professionnalisation, découvertes de best practices et d’expériences, mais aussi réseau : les acteurs de l’événement « hors sport » ont beaucoup à partager avec des fédérations comme la FFSE qui sont parfois plus centrées sur la dimension sportive qu’événementielle de leurs activités

Didier BESSEYRE, ingénieur de formation, a consacré l’essentiel de sa carrière à la Banque de France et à l’industrie (Michelin et Roussel Uclaf actuellement Sanofi). Mais c’est la vie associative qui a pris le dessus : sportif amateur au sens noble du terme, du rugby à la natation en passant par le triathlon, le marathon ou la boxe thaï, il est depuis 10 ans Président de l’EFCS et depuis 5 ans Président de la FFSE, après plusieurs années comme vice-Président.

 

Le sport en entreprise, « une autre idée du sport »

La FFSE, dont l’ancien nom « Sport Corpo » résonnera auprès de certains, a pour vocation le développement et l’organisation du sport en entreprise. Après des années à suivre le modèle du sport « civil », Didier BESSEYRE a accompagné le déplacement du cœur de l’activité vers les spécificités du sport corporate. En effet, la perception du sport par les entreprises a nettement évolué ces dernières années : le sport est dorénavant au centre des dispositifs RSE, de santé publique, mais aussi de management ou de gestion du stress.

Le sport en entreprise présente certaines spécificités : avec un excellent niveau d’encadrement il est similaire à la pratique traditionnelle mais avec des adaptations particulières, liées au calendrier professionnel, à l’activité, à l’âge, à la période de la vie, en un mot aux contraintes inhérentes de la vie en entreprise. Car c’est bien la pratique du sport qui s’adapte et non l’inverse, quand bien même il n’y a que des sportifs une fois sur le terrain !

La pratique du sport est bénéfique à tous. Les collaborateurs découvrent ou redécouvrent le plaisir sportif avec un impact positif sur la sphère professionnelle et privée, qui les mènent parfois à rejoindre dans un second temps des clubs hors entreprise. La FFSE se constitue alors en plateforme ou en passerelle pour les fédérations sportives, et bien souvent en créateur de vocation pour les salariés et leur famille.

Les entreprises, elles, pour un investissement peu élevé, bénéficient d’une diminution de l’absentéisme, d’un raccourcissement des jours d’arrêt, et d’une augmentation de la productivité. Enfin, c’est également un argument de « marque employeur » pour faire vivre les couleurs d’une entreprise ou attirer des collaborateurs pour lesquels le cadre et les conditions de travail importent de plus en plus.

D’ailleurs, si les grandes entreprises sont déjà souvent bien structurées (CE, Associations sportives pré-existantes, etc.), une des missions de la FFSE est de sensibiliser les plus petites entreprises, qui sont souvent intéressées voire déjà organisées mais sont à la recherche d’un cadre national plus professionnel.

 

Du local à l’international

C’est après avoir travaillé avec les Banques Centrales Européennes et par le biais d’une association de sensibilisation des jeunes aux problématiques européennes que Didier BESSEYRE a réalisé qu’une expérience internationale avait toujours une plus-value nationale. Et que pour exister au niveau européen, il faut exister au niveau mondial.

Président depuis 10 ans de la EFCS, la Fédération Européenne du Sport en Entreprise, il se souvient que lors de son premier mandat, la Fédération rassemblait 14 pays actifs ; en 2014, elle compte 39 pays. Autre succès, l’organisation en 2013 des Jeux Européens du Sport en Entreprises qui a réuni 7400 sportifs à Prague, après avoir refusé 2000 inscriptions supplémentaires. Pour la prochaine édition, qui se tiendra à Riccione en Italie, 10 000 inscrits sont attendus.

Cette expertise acquise par l’expérience attire au-delà des frontières de l’Europe : la Fédération du Sud Est Asiatique, la Chine, avec ses 200 millions de licenciés en sport en entreprise ou encore l’Inde, se sont rapprochés de la World Federation for Company Sport (WFCS), très inspirées par le modèle de la structure européenne.

Ainsi dans deux ans, la WFCS organisera les premiers Jeux Olympiques Mondiaux, dans la région toute symbolique d’Athènes. Une grande première pour cette typologie de sportifs et sur plus de vingt disciplines !

Aucun risque d’ « amateurisme » pourtant : la devise de Didier BESSEYRE, c’est d’être sérieux sans se prendre au sérieux. Ainsi l’édition 2014 de l’événement phare de la FFSE, les Jeux Nationaux du Sport en Entreprises, a réuni à Biarritz 3000 personnes dont 2500 participants, durant 5 jours. Un événement au rayonnement régional et national, au poids économique non négligeable, et qui était organisé en collaboration avec les fédérations délégataires (Fédération de Football, Fédération de Basket notamment). Comme dans l’entreprise, Didier BESSEYRE sait reconnaître ses limites et aller chercher ceux qui savent faire plutôt que de tenter de tout réinventer. La fédération de tennis sera toujours la mieux placée pour organiser un tournoi de tennis !

 

Du sport à l’événement

C’est la raison pour laquelle Didier BESSEYRE a souhaité que la FFSE rejoigne UNIMEV même si ce n’était pas forcément une évidence au premier abord. Professionnalisation, découvertes de best practices et d’expériences, mais aussi réseau : les acteurs de l’événement « hors sport » ont beaucoup à partager avec des fédérations comme la FFSE qui sont parfois plus centrées sur la dimension sportive qu’événementielle de leurs activités. Alors que, d’après lui, le sport est par nature événementiel et que l’Evénement est au cœur de l’action des fédérations sportives.

 

De l’intensité humaine de l’événement sportif

Pour Didier BESSEYRE, c’est en effet un événement sportif qui a été à l’origine de son envie de poursuivre ! En 2000, il avait organisé un grand rassemblement sportif à La Rochelle, EuroBank, dans le cadre du bicentenaire de la Banque de France. A cette occasion, toutes les Banques Centrales Européennes étaient présentes, réunissant 2 500 personnes venues de toute l’Europe. De la remise des prix à une standing ovation en son honneur de 20 minutes, de la qualité des intervenants – comme Jean-Claude TRICHET – à une météo des plus clémentes, ce moment fondateur émeut encore Didier BESSEYRE, 14 ans plus tard, signe de l’intensité humaine que seul un événement peut susciter.

 

Nous remercions Didier BESSEYRE pour sa disponibilité et souhaitons la bienvenue à la FFSE au sein des Adhérents d’UNIMEV !